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Enfant, je me suis trouvée au pied d’une
tour gigantesque. Dans ce paysage désertique seuls quelques
cyprès donnaient la direction au regard. Au dessus de la
tour, un vol de vautours. J’avais là, en résumé,
le sens de la vie. Tour du silence, culte zoroastrien, exposition
des cadavres au soleil. Depuis, j’ai habillé le cyprès
d’un vêtement qui tient du taureau, du crabe ou de l’ange.
H.L.99 |
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| "Découpages, décalages.
Jeux d’échelle et répétition.
H.L. s’autorise des variations. Défini tête
en bas, dans l’attitude à la fois sereine et
terrifiante d’un trophée de chasse, son taureau
n’est pas mort pour autant : d’une peinture
à l’autre il se développe. Il germe,
en séries, en suites, en variations. Multiples et
fragmentées, les images accentuent leur monumentalité.
Au risque de l’illisible, pour le plaisir du rythme
; avec foi dans le microcosme, aussi. Car lorsqu’il
ne reste du taureau qu’un fragment d’empreinte
de patte, celui-ci répète les principes de
symétrie trapue et de dialogue harmonieux propres
à tout l’œuvre : la forme élémentaire
peinte demeure constituée de deux signes entre lesquels
un noyau s’impose."
F. Monnin - 1994
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