Hélène Lhote

actualités

œuvres

contact

 

expositions / news / à lire

 

<

accueil

>

 
   

 

 
 
 

Cela fonctionne comme un piège, des réseaux de mailles peintes ou reflétées dans des miroirs pour mettre le regard à l’épreuve, avec, comme motif récurrent, trois éléments qui dialoguent. Formes orientées sur elles - même, figurant donc un extérieur et un intérieur que vient parfois accentuer le cercle d’un tamis : évocation des formes premières, de cellules et de leur noyaux, isolées de leur milieu par une membrane. Le tamis est aussi l’oculaire du microscope qui révèle la complexité de la matière et qui figure le plongeon dans l’infinité des échelles coexistant au sein d’un même corps. L’apparence d’un corps, sa réalité, apprivoiser le vertige en déchiffrant toutes les structures fantasmées de la matière que j’exprime en réseaux de striures colorées.

« L’idée du Tamis naît à la suite d’un voyage à Naples en 1992. L’artiste voit là des oratoires de rue protégés par des grillages. Découverte importante car cette grille paraît avoir une fonction double et contraire : protège-t-elle en effet le Christ (ou la Vierge) du vol, de la destruction ou le passant retenu de trop approcher la divinité qui doit paraître inaccessible pour rester agissante ?

Première ambiguïté de ce travail intrigant qui fonctionne dans l’affirmation et le retrait et dissimule tout autant qu’il s’affiche. (…) Faut-il dire qu’Hélène Lhote avant d’entrer aux Beaux-Arts se préparait aux études vétérinaires, qu’elle est née en Algérie, qu’elle a vécu en Iran ? On expliquera ainsi son goût pour les cyprès (…), pour les taureaux, animaux obscurs et solaires, mâles plus que mâles, non sans observer toutefois qu’au cours de la corrida le taureau reçoit l’épée qui le pénètre dans un ballet d’amour et de mort où le rôle du mâle et de la femelle sont alternativement tenus par le taureau et par le torero.

 

Doit-on dès lors s’étonner de constater que la forme inscrite par Hélène Lhote dans le tamis – tondo, quintessence de la virilité, se donne à voir comme emblématiquement féminin.

Ainsi, dans cet art déroutant et qui fascine, tout fonctionne par opposition, couple contraire, retournements, allers et retours sidérants où l’intelligence séduite s’affole et perd pied, Quitte le domaine des évidences pour celui de vérités androgynes.

Œuvre éclairante et perverse que celle-là, où le miroir tient son rôle renversant, révélant le dessous des cartes car Hélène Lhote peint aussi l’envers des choses, les cache et les révèle dans un même mouvement, excitant l’investigation, sollicitant l’enquête, attirant les questions, apprenant au regard à se méfier de ce qu’il enregistre et croit comprendre. »

M. Nuridsany 1994

 

 

© Hélène Lhote - 2012 - plan du site