Hélène Lhote

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A y regarder de plus près, un cocon de chenilles processionnaires n’a pas la douceur et l’innocence qu’il promet. Son contenu est du vitriol. A le voir se balancer parmi les aiguilles de pins, je pense à mes Cocons miroitants, tels des ruches bourdonnantes nichées aux creux des charpentes, qui éclatent en une myriade de reflets turbulents. Dans l’obscurité, ces chrysalides denses et ramassées, apparemment inertes, répandent dans l’espace une multitude de signes lumineux se déformant au gré des parois en faisant fi des obstacles. Le visiteur, caressé par ces signes, s’interroge sur ce qu’il perçoit, sur la source de cette clarté dans l’ombre : l’œuvre devient cet ensemble immatériel et ne se réduit pas au seul objet fait de miroirs taillés, gravés, soumis aux rayons lumineux d’un projecteur.

La réalité vacillante est source de questions : quelle densité, quelle matérialité ?

Ma tentative n’est pas celle d’une représentation contrefaite d’une réalité dont je doute mais celle d’une pure création qui donnerait du monde cette acception qu’il n’y a pas de réalité fidèle aux apparences et que le spectateur participe à la création de l’œuvre à partir de fragments épars qu’il rassemble, consciemment ou inconsciemment, tel un rébus qui viendrait enfin prendre sens. Mais lequel ?

Hélène Lhote 2004

   

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